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«Suis-je normal(e) ?» est une question devenue existentielle ! Quelle ironie ! Pourtant la seule question à se poser pour vérifier si l'on existe en tant qu'être-humain est : «Suis-je moi-même, en phase avec ma conscience ?». |
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Petit Robert définit le sens courant de l'adjectif comme «ce qui est conforme au type le plus fréquent, qui se produit selon l'habitude». La Normale est définie, en tant que nom commun, comme «la moyenne». Ainsi "être normal" n'a strictement rien de positif en soi contrairement à l'idée reçue, ça ne représente aucun avantage objectif, c'est même plutôt... moyen. "Être normal", c'est tout bêtement être selon la majorité au mieux, ou même seulement selon la moyenne. Ça n'implique aucune valeur particulière, aucune "morale universelle" (sic), aucune réflexion de fond sur "comment être". Ca n'implique que copier sur le voisin, la seule activité intellectuelle dans le processus étant de choisir un voisin pas trop anormal, forcément. Le but de la manip étant affiché un peu partout sur les murs, les magazines et les écrans : avoir la réussite, avoir le bonheur. À écouter les lieux communs, la société, bien que n'étant absolument pas totalitaire (ça se saurait), n'accepterait qu'une seule façon d'y vivre : la Norme. «C'est comme ça !(tm)» Si t'es normal, c'est cool, t'auras toutes les richesses promises par la société. Si t'es anormal, fais super gaffe, tu te marginalises, tu pourrais même finir clocha... heu... SDF. Là du coup, on comprend bien pourquoi il est tellement existentiel de se demander si vraiment on est normal. Le bonheur en dépend ! |
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- Mais c'est quoi au fait le bonheur ? Petit Robert explique que c'est «l'état de la conscience pleinement satisfaite». Tiens, c'est drôle, ça parle pas de Norme, ça parle pas de mon voisin, ça parle même pas de quoique ce soit d'extérieur à soi, ça ne parle pas de satisfaction matérielle, ça parle de satisfaction de la conscience, le plus intérieur de l'intérieur d'un être-humain. Ainsi donc un Bonheur ne dépendrait pas d'avoir quoique ce soit en rapport avec la Normale de la société, mais d'être tout simplement conforme à soi, ce qui, à priori, est le seul moyen de satisfaire la conscience de soi. |
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En fait, je n'en doute pas, sauf qu'il s'agit là du faux bonheur dépendant de l'extérieur, le mirage précisément clamé et affiché partout par tous les pouvoirs de notre société, petits ou grands. Or le Bonheur que je vis et qui m'intéresse est intérieur et ne dépend que de moi ! Que le monde soit merveilleux ou infect n'y change rien, l'argument s'écroule. Boum ! |
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Un qui a une bouille à priori heureuse, c'est le Dalaï Lama... Conformément au réflexe exposé ci-dessus, écoutons le monsieur : «Le bonheur se distingue du plaisir : ce dernier n'est pas lié au sentiment de l'existence, on ne s'y oublie pas en tant qu'être singulier. Ici se loge la deuxième raison qui peut expliquer la rareté de ce bonheur en littérature.» Plaisirs, satisfactions, joies, c'est effectivement à distinguer du vrai Bonheur. Les uns, même s'il ne s'agit pas de nier leur nature agréable, n'ont pourtant rien à voir avec l'autre. Ça permet, pour commencer, de considérer un Bonheur un peu plus entier et réaliste que le bonheur béat et égoïste qui sert de mirage destiné à contrôler ceux qui y croient. Accessoirement, ça permet ainsi de s'affranchir un bon coup. Ce bonheur normal, exposé comme un produit, dépend de l'"avoir" et c'est bien le but, rendre ceux qui y croient dépendants. Il se trouve qu'avoir, ça coûte ! (c: |
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Être, voilà un truc gratos ! Voilà un truc qui satisfera la conscience, voilà un truc lié au sentiment de l'existence dans lequel on peut s'oublier en tant qu'être singulier. Particulier. Personnel. Individuel. Ha ben oui, c'est fou mais la Norme et le bonheur mirages poussent à oublier un aspect pourtant fondamental : Tout le monde n'a pas le même Bonheur. Il n'y a pas un seul bonheur normal, mais autant de Bonheurs particuliers que d'êtres-humains. La Norme force, par définition, à un individu unique, commun. C'est, encore une fois, plus facile à manipuler. Être, ça force chacun à être soi, juste soi, ce soi, par définition, différent de tous les autres. Qui niera la sérénité qu'apporte le fait de pouvoir être soi-même pleinement en une circonstance particulière, sans avoir à se soucier de la Normale ? Qui niera le mal-être profond que cause la résignation de soi pour conformer son attitude à une Norme trop différente de ce que l'on souhaiterait ? |
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Alors, c'est vrai, il y a plein de compensations à être normal ; on peut avoir tout un tas de trucs en faisant comme le commercial dit, comme le patron dit, comme les voisins disent...etc. C'est à ne pas négliger, mais on ne peut pas être Heureux ! Le titre le dit : il faut choisir entre être normal et être Heureux. Il faut choisir entre d'une part avoir les bénéfices issus du chantage de la société (t'es normal ou tu vas t'en prendre plein les dents), et d'autre part être soi-même. |
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Bien sûr, être, ça n'est pas qu'être joyeux. Selon les circonstances, on peut être triste. Mais il y a beaucoup de façons d'être triste, il y en a de bonnes et de mauvaises. Parmi les bonnes, il y en a qui correspondent à sa personnalité, qui vont permettre de se construire plutôt que s'abîmer ou même se détruire. Ainsi, oui, le Bonheur c'est aussi savoir être triste, c'est de toute façon savoir vivre toutes les émotions, au mieux. Si la joie n'est pas toujours au rendez-vous, la sérénité l'est, un sentiment profond que je ne saurais qualifier autrement que comme un sentiment de Bonheur. Le vivre est plus facile que d'en "parler". La saine tristesse apporte une chaleur intérieure, une conviction intime que l'on est sur la bonne voie et que les événements extérieurs, aussi difficiles soient-ils, n'atteignent pas notre Être et, qu'au contraire, ils participent à le construire ou, plus précisément, à construire la conscience de celui-ci. On est loin du bonheur gnangnan, ridicule de béatitude et méprisable d'égoïsme, nan ? Avoir, c'est être dépendant des événements extérieurs. Être, c'est être indépendant, être libre. De quoi aurait l'air le bonheur, cette sorte d'état suprême, s'il s'écroulait au moindre événement douloureux ? Le moins que l'on soit en droit d'attendre d'un vrai Bonheur est sa stabilité ! Ca tombe bien, c'est le cas ! Être est toujours à notre disposition, peu importe les circonstances ! Mieux, l'Être se définit dans les circonstances ! Pour autant, ça n'est pas facile. Qui peut prétendre être lui-même toujours, en toute circonstance ? La Norme veille et fait une pression énorme pour empêcher d'exister avec des repères personnels. Ceci dit, "comment être soi-même de son mieux" n'est pas le propos du présent texte. Sois sûr(e), cependant, que ça s'apprend, comme pour tout, c'est un domaine dans lequel on peut s'améliorer, toujours plus. |
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Une question reste : A quoi sert ce Bonheur là s'il peut impliquer la tristesse et d'autres sentiments négatifs ? Si c'est pour vivre la même chose Heureux ou pas heureux, à quoi bon ? |
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Ce à quoi le Bonheur conduit est inimaginable, c'est particulier à chacun, c'est une découverte permanente, un espace ouvert, une liberté réelle. Au contraire, la Norme présente comme une carotte une récompense que tout le monde connaît et que tout le monde fixe pendant qu'il loupe l'essentiel : être libre, être indépendant, être soi. Pour en revenir au deuxième avantage du Bonheur, une fois ce dernier posé en fondement, il se trouve que plus on est conforme à soi et plus les tristesses sont petites, plus les mal-être sont rares, plus on gagne en perceptions et aptitudes nouvelles indescriptibles parce qu'elles sont individuelles et caractéristiques seulement des talents particuliers de l'être heureux. Le résultat est que, sans les chercher puisque ça n'est plus le but, les satisfactions, les joies, les plaisirs sont plus grands et plus fréquents. Ils sont surtout vécus plus profondément, avec davantage de conscience personnelle. Ce sont les vraies satisfactions de notre conscience et pas les satisfactions normales, communes, celles que la société nous fourrent dans la tête et qui nous apportent moins une émotion intime, individuelle et constructive qu'un plaisir factice et passif d'être comme les autres, avec d'autres, rassuré d'être normal. Par définition, ce but, cette question "existentielle" du début ne peuvent pas venir de soi, ils ne peuvent venir que d'une conscience virtuelle extérieure. |
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Il en reste que c'est plus facile d'être normal que d'être Heureux (Par contre les conséquences de la normalité sont nuisibles pour soi et les autres. Les conséquences du Bonheur sont bénéfiques pour soi et les autres). C'est tout aussi facile à observer. Sans sombrer dans la paranoïa, rapidement et sereinement on peut constater l'intérêt que beaucoup de pouvoirs ont à pousser à la normalité. C'est de toute façon tout simplement un cercle vicieux, plus la Normale est représentée, plus elle est puissante, plus la pression est difficile à combattre. |
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Il en reste surtout que la plus grande difficulté faisant obstacle au Bonheur est donc cette pression sociale. De là à imaginer des sociétés différentes, basées sur le respect des individus plutôt que sur une morale normative, il n'y a qu'un pas. Un pas que chacun est libre de franchir ou pas. Par définition, simplement, par définition, moins il y aura de gens normaux et moins la Norme aura de sens. Ce repère majoritaire ne saurait persister s'il devient minoritaire. Ainsi, s'il est vrai qu'il est difficile d'être Heureux, c'est cependant simple et pour changer la société vers plus de Bonheur, c'est donc tout aussi simple : il suffit d'être Heureux et bien sûr de respecter le Bonheur des autres, forcément différent du sien. J'ai fait mon choix... (c; |
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Ne fais jamais confiance à quelqu'un qui prétend savoir ce que tu dois faire pour être heureux/se. Sache simplement qu'un Bonheur existe et que le seul individu qui peut savoir comment tu seras Heureux/se, c'est Toi ! Sois content(e) du vrai Bonheur des autres, mais n'essaie pas de le copier, tu n'es pas les autres. Le Bonheur est intérieur et fondamental. |